fausse couche

La fausse couche

Lors d'un thérapeutique bain bébé®, j'ai rencontré une famille qui m'a bouleversé. Au cours de nos échanges, la maman très émue m'explique que la grossesse et l'accouchement se sont bien passés mais qu'elle a été très angoissée pendant les 9 derniers mois où elle a porté bébé.

Je prends alors le temps…j’écoute et je cherche à comprendre d'où est venue cette angoisse. Son conjoint lui prend la main lorsqu’elle m'explique qu'avant ce bébé, il y avait eu une autre grossesse qui s'était arrêtée au cours du 3ème mois.

Cette maman avait donc auparavant, perdu son bébé à naître en faisant une fausse couche. Alors que j’étais pleine d’émotions en l’entendant car son histoire me faisait écho, elle ajoute, les larmes aux yeux, des mots qui résonnent encore en moi : « Mais je n’ai pas à me plaindre, c’était le début, cela arrive à beaucoup de femme (…) et puis le gynéco m’a dit que ce n’était rien, que c’était le corps qui se mettait en route ».

Ce qu’elle me livre me renvoie à une situation déjà vécue, à une phrase déjà entendue… Je bouillonne…

Cette phrase dénuée de toute marque d’empathie pour la perte que l’on vient de subir complète celles du genre « tu en feras un autre » ; « c’est le début, ce n’est pas grave ». S’il s’agit de maladresses qui n’ont pas été dites dans le but de blesser mais plutôt dans celui de réconforter, il est clair qu’elles n’ont qu’un pouvoir, celui d’ajouter du mal au mal déjà ressenti. 

Oui c’était le début… Oui cela arrive… Oui il y aura sans doute d’autres enfants ensuite et peut-être même qu’il y en a déjà eu d’autres avant. Mais des mots qui nient ou minimisent une situation dramatique ce n’est certainement pas ce qu’une femme, qui se projetait sûrement déjà comme une maman, avait besoin d’entendre.
 

Un bébé désiré, attendu, rêvé, imaginé a déjà une place entière dans le coeur de sa maman. Il n’est pas encore un être viable en dehors de l’utérus mais il compte parfois même à la seconde où l’on sait qu’il a pris place.

Lorsque tout s’arrête… que ce se soit dans les premiers jours, les premières semaines ou les premiers mois, c’est un véritable déchirement. La maman qui portait jusqu’alors la vie d’un petit être en devenir va devoir le laisser partir sans avoir pu l’occasion de faire sa rencontre et sa connaissance.

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Et au moment où tout s’arrête spontanément, notre corps, notre âme se déchirent laissant place à la tristesse, l’injustice, la colère, la culpabilité, à un sentiment de vide et bien d'autres encore. Pour l’autre parent qui partage toute cette peine, il peut y avoir aussi en plus, un sentiment d'impuissance face à la souffrance de sa conjointe. 

Il reste ensuite à faire un deuil ! qui sera plus ou moins long, selon les personnes et la situation. Il faut pouvoir en parler, en couple, mais aussi avec les proches et les professionnels également. Il faut pouvoir passer par toutes les étapes du deuil, pouvoir vivre toutes les émotions qui s’emparent de nous sans les refouler et ne pas perdre de vue que notre souffrance est justifiée quoi qu’on puisse entendre.

 

Une fois cette épreuve traversée il se peut que la peur vienne se mêler à la joie dans une prochaine grossesse. N’hésitez pas à exprimer cette ambivalence à votre conjoint comme aux professionnels qui suivent votre grossesse. Vous pouvez aussi en parler à ce petit bébé qui est bien au chaud au creux de votre ventre.

Mon rôle à ce moment a été d'écouter, d'accompagner, d'essayer de trouver les mots justes, qui reconnaissent la souffrance, qui reconnaissent l'existence de cet enfant, les mots qui viennent du coeur...

Je garderai un souvenir indélébile de cette rencontre...

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Et pour terminer, je vous dirai ces quelques mots, à vous, à toutes les familles qui ont eu à traverser cela ou qui le traversent peut être en ce moment : vous avez le droit d'éprouver tous ces sentiments. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est normal ! Mieux ils seront reconnus, entendus, meilleure sera votre chance de faire votre deuil et de laisser place à une prochaine aventure de vie. Vous avez le droit d’aller à votre rythme dans ce tourbillon émotionnel et vous avez le droit à du soutien dans cette douloureuse épreuve. Sachez vous entourer des personnes qui sauront accompagner votre peine.

Sous un angle un peu plus médical...

On parle de fausse couche quand une grossesse s’interrompt spontanément au cours des 5 premiers mois de grossesse (jusqu’à la 20ème semaine de grossesse) bien que la majorité des fausses couches a lieu avant la 12ème semaine de grossesse.

Elle se manifeste par des saignements vaginaux et des contractions utérines plus ou moins douloureuses. Plus la grossesse est avancée, plus ces contractions ressembleront à des contractions d’accouchement. L’embryon sera expulsé naturellement ou non du corps de la femme. Si l’expulsion n’est pas spontanée, une aide médicamenteuse ou une intervention chirurgicale peut avoir lieu afin d’éviter des complications.
 

Les signes identifiables qui peuvent annoncer une fausse couche sont les suivants : l’arrêt soudain de symptômes de grossesse (les seins ne sont plus tendus, les nausées et vomissements cessent) ; les saignements vaginaux accompagnés de douleurs. Attention, les saignements seuls ne sont pas forcément signe d’une fausse couche. Ils ne se déclenchent pas non plus forcément immédiatement après la perte de la grossesse. Cela peut prendre quelques heures comme plusieurs jours. N’hésitez pas à consulter un professionnel de santé si vous présentez ces signes ou des signes alarmants tels qu’une hémorragie (plus d’une serviette hygiénique par heure nécessaire) et/ou violentes douleurs abdominales.

En cas de fausses couches à répétition (considérées comme telles après 2 ou 3 épisodes de fausses couches consécutives selon l’âge de la femme concernée) vous serez orientée vers des examens plus poussés
 

Les causes ne sont pas toujours identifiées mais plusieurs choses peuvent expliquer une fausse couche : 

> les causes naturelles : une anomalie génétique de l’embryon qui ne peut poursuivre son développement, un décollement du placenta,

> des problèmes de santé liés à la femme enceinte au niveau hormonal, sanguin, ou de l’utérus en lui-même…

> des causes accidentelles comme une chute, des violences subies, un accident de la circulation… 

> des causes environnementales : pollution chimique, tabac, alcool…

> une cause médicale possible mais rare : comme la réalisation d’examen invasif tel que l’amniocentèse

(…)


 

L’état de grossesse est fragile quoi qu’on en dise dans la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Mais rassurez-vous, la plupart des femmes qui vivent cette épreuve difficile mènent finalement à bien une prochaine grossesse sans avoir besoin d’avoir recours à une aide à la procréation. Elles mettent au monde leur bébé arc-en-ciel 

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